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Nature et rencontres

Botanique, découvertes

Publié le par Christine Lerat
Publié dans : #Plantes et fleurs de nos régions

gui 5Si les druides ne récoltaient que le gui sur les chênes, ils devaient faire des kilomètres pour en trouver parce-que notre sous-arbrisseau préfère vivre en hémi-parasite sur les pommiers, les peupliers, les tilleuls ou encore les robiniers.

Le gui fabrique des suçoirs qui perforent l'écorce de l'arbre et au bout de quelques semaines il atteint avec délice les premières canalisations de sève. 

gui 2 gui1

Ces grosses boules de gui sont installées à demeure depuis plus 10 ans, peut-être 20. Pour évaluer l'âge d'un gui, sachez qu'il grandit de 4,7 cm en moyenne par an et qu'il peut vivre de 30 à 40 ans à moins que son arbre-hôte ne soit décapité avant ! 

gui 6Les feuilles de gui aiment passer l'hiver sur l'arbre, elles continuent de grandir et ne tombent qu'au bout d'un an et demi (au lieu de 6 mois pour une feuille "normale"), c'est en plein été que les vieilles se laissent tomber laissant la place aux jeunes qui attendent depuis déjà 4 mois... c'est pourquoi le gui est toujours vert !  Savez-vous que dans certaines régions on appelle le gui "galette de bique" ou "pain de bique" ou "brou de bique" ou encore "herbe de chèvre" ? Tout ça parce que les feuilles ressemblent à des langues de biques !

gui 3

gui 4

En latin viscus veut dire glu et album : blanc. Il suffit d'examiner le fruit pour s'en convaincre. La pulpe contient une substance gluante, la viscine qui entoure une seule graine. Celle-ci peut contenir 2 ou 3 embryons qui donneront des jumeaux ou des triplés ! Michel Provost dans son livre Mendiants et salades de fruits* explique que pour sa dissémination, le gui dépend d'un vecteur : l'oiseau. En effet, si la graine tombait à terre, son histoire serait finie. La baie de gui est toxique pour l'homme mais pas pour nos amis ailés. Ils dégustent le fruit sur place et se débarassent de la graine en frottant le bec contre une branche ou ils avalent la baie entière et la graine, non digérée, se retrouve dans la fiente qui tombe avec un peu de chance sur une branche.

 

Et merci aux gaulois qui nous donnent l'occasion de fêter le nouvel an sous la plante de la lune : le gui est parfaitement rond comme notre satellite, il pousse en hauteur en plein ciel, il ne pose jamais les pieds par terre, ses baies sont les seules baies blanches dans la nature (du temps des gaulois, la symphorine n'existait pas encore en Gaule) et elles ont la forme de petites lunes...

 

* Ouvrage disponible à l'AFFO - www.affo-nature.org

Si vous désirez connaître encore plus de détails sur la vie du gui, je vous propose de vous replongez dans le numéro 49 de 1981 de "La Hulotte".

Photos prises à Saint Julien sur Sarthe - Décembre 2012

Lien vers liste plantes en latin

Lien vers liste plantes en français

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Yann 07/01/2013 19:35

Bonjour et bonne année !

J'ai trouvé très intéressant cet article sur le Gui, je me suis permis de faire un petit lien à partir de mon site :
http://www.espacegraphique.com/loranthacees/gui.php

Cela me permettra de revenir facilement et d'en faire profiter mes amis.

Christine Lerat 08/01/2013 07:29



Merci à toi, je pars découvrir ton site. Bonne et heureuse année de surfeur.



claire felloni 02/01/2013 10:25

Passe une douce année 2013 collée comme le gui sur son pommier, au chevet de notre nature ornaise (et d'autres régions d'ailleurs !) Amitiés et à+

Christine Lerat 03/01/2013 12:01



Merci pour tes voeux Claire, que cette année 2013 soit riche en aquarelles plus belles les unes que les autres...